mardi, 06 septembre 2005
Le peuple et le gouvernement…quelle approche ?
Souvenez-vous cet été:
Une des affaires phares de cet été qui a pris lieu au Maroc, mais qui a été étouffée par les autorités et les responsables pour la bonne cause. Il s’agit d’un camping pour enfants où un incendie s’est déclenché en pleine nuit pour faire neuf jeunes victimes. Avant ce jour, puisqu’il n’y avait pas d’incident majeur dans la région, la diaspora marocain ne cherchait pas à avoir une idée de l’état des lieux où se déroulait chaque année cette saison d’estivage massif de jeunes enfants. Mais comme l’inspire si bien l’histoire de l’humanité et l’expérience des pays voisins, tôt ou tard, les tares sont découvertes au grand jour. Sauf qu’il a fallu malheureusement la mort d’un bon nombre de fillettes (neuf fillettes au total) victimes d’un incendie déclenché par accident, pour que la communauté se demande des conditions de vie dans cette région ou les jeunes enfants sont envoyés `a la merci de leurs moniteurs et des conditions météorologiques. Retournons à cet incident d’une gravité ultime qui a ébranlé tous les parents d’enfants estivant dans cette région. Une bougie qui est restée allumée tard le soir, une tente qui a pris feu, des fillettes qui sont mortes brûlées et enfin une monitrice qui a été arrêtée pour cause d’inattention. Toutefois il serait hypocrite de notre part de juger que l’affaire ait été traitée équitablement car elle mériterait bien qu’on s’y penche pour une introspection approfondie. Des investigations en la matière nous guiderions même peut-être vers une amélioration de la situation actuelle des centres d’estivage. Une affaire pareille n’aurait pas été étouffée aussi facilement dans un pays européen. Le ministre responsable de la jeunesse aurait du faire le voyage jusqu’au lieu du drame afin d’évaluer les dégâts et de proposer une solution dans le but de pallier de tels risques. L’affaire nécessite l’ouverture d’un débat qui rallie les parents des présumées victimes aux autorités responsables. L’escamotage présent relève d’un malaise de la part des responsables qui ne trouvent pas les mots et les arguments tangibles pour faire face a l’affliction des parents touchés autant par la perte de leurs enfants que par l’indifférence des autorités. Les parents des victimes n’ont même pas obtenu l’attention nécessaire, comme ils ont été supprimes du panorama médiatique. Enfin, on a eu droit a des spots publicitaires « vacances pour tous » pour promouvoir cette action et cacher toute mauvaise impression.
Quand j’y pense, il s’agit malencontreusement de personnes appartenant à la classe populaire pauvre qui n’a pas autant de pouvoir au sein de la société que l’on aurait voulu. Imaginez un instant que cela se passe dans un centre de vacances d’enfants des cadres d’un certain ministère. Croyez-moi que l’affaire aurait pris beaucoup plus d’ampleur et que le grand public aurait eu la chance de formuler son opinion vis-à-vis d’une telle mascarade. Le Maroc est bien un pays démocratique pas encore accompli en matière d’équité entre les classes sociales. Quel est cet événement de grande envergure qui aurait pu déplacer notre ministre charge de la jeunesse ? Sarkozy n’avait-il pas fait le déplacement en plein quartier de Villeneuve –une banlieue parisienne- pour s’enquérir des nouvelles de la famille d’un petit beur tue lors d’un règlement de comptes ? Eh oui, il faut dire qu’on n’a pas les mêmes façons d’appréhender les situations délicates, et qu’on les envisage de mauvaise grâce.
Monsieur Le Ministre, avec tous mes respects, aurait pu envoyer un haut responsable ou un canard afin de calmer les ardeurs des foules et leur proposer un compromis, même si rien ne remplacerait leurs progénitures. Au moins, on aurait respecté ce geste attention de la part du gouvernement. Faut-il que des événements pareils aient lieu pour que l’on clame une meilleure approche entre le peuple et le gouvernement ?
20:32 Publié dans LA PENSéE DE HIND | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note










